LA QUOTIDIENNE DU CAPC 14 AVRIL 2020
INTERNATIONAL
Covid-19 : il faut une réponse coordonnée contre la déstabilisation des finances des pays pauvres- Le rapport 2020 du système des Nations Unies sur le financement du développement durable présente des mesures pour faire face aux conséquences de la récession mondiale et des turbulences financières, en particulier dans les pays les plus pauvres du monde. Ses recommandations sont basées sur des recherches et des analyses conjointes du système des Nations Unies, du Fonds monétaire international (FMI), du groupe de la Banque mondiale (BM) et de plus de 60 agences des Nations Unies et institutions internationales. Même avant l'apparition du Covid-19, un pays sur cinq - où vivent des milliards de personnes dans la pauvreté - risquait de voir son revenu par habitant stagner ou diminuer en 2020. Aujourd'hui, des milliards de personnes risquent d'être touchées, car les gouvernements luttent pour faire face à la pandémie. « La communauté mondiale prend déjà du retard dans ses efforts pour mettre fin à la pauvreté, prendre des mesures en faveur du climat et réduire les inégalités », a déclaré Amina Mohammed, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies. « Le Covid-19 est la première urgence de développement de ce type et tous les pays doivent relever le défi de sauver des vies et de préserver les moyens de subsistance dans le cadre de notre réponse et de notre rétablissement. Nous avons une chance de reconstruire mieux ensemble pour les gens et pour la planète », a-t-elle ajouté. (ONU)
Mots Clés: Covid-19, dette, Investissement
Covid-19 : l'OMC prévoit une chute du commerce mondial entre 13% et 32% en 2020 - « Cette crise est avant toute une crise sanitaire qui a contraint les gouvernements à prendre des mesures sans précédent pour protéger la vie des personnes », a déclaré le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo. Selon lui, la baisse inévitable du commerce et de la production aura « des conséquences douloureuses pour les ménages et les entreprises, en plus des souffrances humaines causées par la maladie elle-même ».Le large éventail de possibilités liées à la baisse prévue s’explique par la nature sans précédent de cette crise sanitaire et par l’incertitude quant à son impact économique précis.Mais les économistes de l’OMC pensent que cette baisse sera probablement supérieure à la contraction du commerce causée par la crise financière mondiale de 2008-2009. Selon eux, les échanges commerciaux devraient ainsi accuser une baisse à « deux chiffres » dans « presque toutes les régions » de la planète, avec une correction particulièrement sévère des exportations de l’Amérique du Nord et de l’Asie. Dans les différents scénarios, l’OMC estime que toutes les régions subiront une baisse à deux chiffres des exportations et des importations en 2020, sauf l’Afrique, le Moyen-Orient et la Communauté d’États indépendants (CEI). (ONU)
Mots Clés Words: Covid-19, Commerce mondial, OMC
Les pays exportateurs de pétrole s'accordent sur une baisse « historique » de la production - L'Opep et ses partenaires ont convenu dimanche soir de la «plus grande baisse de production de l'histoire», dans l'espoir de faire remonter les prix du pétrole en pleine pandémie de coronavirus et malgré les tensions entre Moscou et Ryad. La réunion « s’est terminée par un consensus des producteurs de l'OPEP+ sur les baisses de production à partir de mai », a écrit sur Twitter le ministre saoudien de l'énergie Abdul Aziz bin Salman. Son homologue koweitien Khaled al-Fadhel a confirmé l'accord « historique pour réduire la production des Etats membres de l'Opep+ de près de 10 millions de barils par jour, à dater du 1er mai ». La représentante mexicaine Rocio Nahle Garcia a également salué dimanche sur Twitter « l’accord unanime des 23 pays participants », parlant d'une « réduction de 9,7 millions de barils de pétrole» à partir de mai. « Cet accord va permettre de sauver des centaines de milliers d'emplois dans le secteur de l'énergie aux États-Unis », a réagi le président américain Donald Trump sur Twitter, « remerciant et félicitant» le président russe Vladimir Poutine et le roi Salmane d'Arabie saoudite pour ce «très bon accord pour tous». Vladimir Poutine et son homologue américain ont noté lors d'un appel téléphonique «la grande importance » de l'accord a pour sa part indiqué le Kremlin. Selon Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad Energy, « l’OPEP+ a réussi aujourd'hui à conclure un accord historique pour réaliser la plus grande baisse de production de l’histoire ». « Même si les réductions de production sont inférieures à ce dont le marché avait besoin, le pire est pour l'instant évité », estime son collègue Magnus Nysveen. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait repris dimanche une visioconférence débutée jeudi avec le cartel de l'Opep+ mené par la Russie, second producteur mondial. (lefigaro)
Mots clés: Pétrole, OPEP
PANAFRICAIN
Coronavirus : l'Afrique subsaharienne menacée de récession en 2020 (Banque mondiale) - La pandémie de coronavirus pourrait plonger l'Afrique subsaharienne dans la récession en 2020, une première en un quart de siècle, a averti jeudi la Banque mondiale, qui a aussi mis en garde contre un risque de « crise alimentaire ». « Le monde n'a pas connu ça depuis la Seconde guerre mondiale. On va connaître la pire récession mondiale, qui va aussi toucher l’Afrique », a résumé Albert Zeufack, l'économiste en chef de l'institution pour l'Afrique lors d'un point-presse à Washington. Les prévisions économiques pour 2020 sont désastreuses en Afrique, même si elle est jusqu'à présent relativement épargnée par le Covid-19, dit la Banque dans son rapport. Le continent le plus pauvre du monde n'a jusque-là recensé officiellement que 577 décès par le coronavirus, contre près de 90.000 à l'échelle planétaire. La croissance dans la zone subsaharienne « devrait chuter brutalement de +2,4% en 2019 à une fourchette comprise entre -2,1 et -5,1% en 2020, la première récession dans la région depuis plus de vingt-cinq ans », prévient la Banque mondiale. Les trois principales économies de la zone - l'Afrique du Sud, l'Angola et le Nigeria - seront « les plus touchées par cette crise », avec des contractions prévisibles de leur produit intérieur brut (PIB) de 6 à 7%, souligne l'institution basée à Washington. L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, va souffrir parce qu'elle était déjà en récession depuis le début de l'année, a détaillé M. Zeufack. L'Angola producteur de pétrole, en crise depuis la chute des cours en 2014, « rencontrait déjà des difficultés pour maintenir les investissements à un haut niveau», a noté l'économiste. Quant au Nigeria, premier producteur d'or noir d'Afrique subsaharienne, «la reprise y était encore très très timide », a-t-il ajouté. Si la situation est «si grave », c'est que l'Afrique est confrontée à une crise sanitaire « combinée à une crise économique et potentiellement à une crise alimentaire », a insisté M. Zeufack. La production agricole du continent pourrait ainsi se contracter entre 2,6% et 7% en 2020, selon les prévisions de la Banque mondiale. (lefigaro)
Key Words: Coronavirus, Récession, Banque mondiale
Il faut alléger la dette africaine pour combattre le coronavirus - La propagation a d’abord été assez lente, mais aujourd’hui le Covid-19 se répand en Afrique d’une façon incroyablement rapide. À la date du 7 avril, plus de 7 000 cas étaient identifiés et on comptait déjà 294 morts dans 45 pays. Le continent doit recevoir plus d’aide, il y a urgence, faute de quoi le virus continuera à tracer sa route, mortelle et impitoyable, avec les sombres conséquences que nous connaissons tant sur les plans sanitaire qu’économique. La première mesure que nous appelons de nos vœux est donc un allègement immédiat de la dette des États africains, afin de donner à leurs gouvernements la marge de manœuvre fiscale qui leur permettra de combattre la pandémie. Il faut tenir compte du fait que la lutte contre le Covid-19 se heurte à plus de difficultés en Afrique que dans bien d’autres parties du monde. L’accès à des soins médicaux de qualité demeure limité sur le continent, même si plusieurs pays ont récemment fait des efforts dans ce domaine. Un tiers des Africains ne peut pas se laver les mains régulièrement, faute d’accès à l’eau, et les équipements de réfrigération qui permettent de stocker dans des conditions satisfaisantes aliments et médicaments sont absents de bien des foyers, rendant intenables les mesures de confinement. Des millions de travailleurs, enfin, se trouvent aujourd’hui fragilisés, soit parce qu’ils n’ont accès à internet que de manière aléatoire, ce qui complique toute forme de télétravail, soit parce que la situation les prive de tout revenu, même modeste. (Jeune Afrique)
Mots clés: Covid-19, Task force, Dette
Coronavirus: Emmanuel Macron appelle à son tour à « annuler » les dettes des pays africains - Lundi soir, Emmanuel Macron s'est fait l'écho des demandes faites récemment par plusieurs dirigeants africains, comme le Sénégalais Macky Sall, et dimanche dernier par le pape François lors de sa bénédiction pascale. Il va aussi dans le sens de plusieurs institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale, qui réclament depuis la mi-mars des annulations de dettes ou des rééchelonnements pour les pays africains alors que la pandémie de coronavirus menace. La question doit être débattue cette semaine par les pays du G20 en marge de la réunion de printemps du Fonds monétaire international. Moratoire, rééchelonnement, allègement ou annulation : depuis trois semaines les dirigeants des grands pays et des institutions financières internationales proposent des solutions pour alléger le fardeau de l'Afrique. Car le choc économique créé par la pandémie nécessite, pour être surmonté, des capacités budgétaires. Or le poids de la dette africaine empêche les pays de dégager ces moyens. En dix ans, la dette publique africaine a doublé pour atteindre aujourd'hui 365 milliards de dollars dont 145 sont dus à la Chine. Emmanuel Macron souhaite que la France et l'Europe annulent les dettes qu'elles ont sur l'Afrique. Mais cela ne concerne qu'une petite partie du fardeau. Car désormais, la dette privée représente une part importante du total. Les pays africains ayant levé ces dernières années des fonds sous forme d’eurobonds, par exemple. Cette dette privée, souvent morcelée est plus difficile à annuler. Dans une tribune signée notamment par trois des quatre émissaires nommés par l'Union africaine pour coordonner l'aide internationale, des responsables africains appellent à un gel de deux ans du paiement des dettes, principal et intérêts. Le temps de trouver les bons mécanismes pour une solution à long terme. (RFI)
Mots clés: Covid-19, Dette, Afrique
AFRIQUE DE L’OUEST
Le Sénégal obtient 55 milliards FCFA des investisseurs du marché financier de l’UMOA - L’opération d’adjudication a eu un franc succès auprès des investisseurs qui ont massivement souscrit aux OAT avec un 135,216 milliards FCFA de soumissions globales là où l’émetteur ne sollicitait que 50 milliards FCFA. Le taux de couverture du montant mis en adjudication se situe ainsi à 270,43%. Sur le montant des soumissions proposées par les investisseurs, l’Etat du Sénégal a retenu 55 milliards FCFA et rejeté les 80,216 milliards FCFA restants. A travers cette émission, les autorités sénégalaises visent à mobiliser l'épargne des personnes physiques et morales en vue d'assurer la couverture des besoins de financement du budget de l'Etat. Ce montant vient également à point nommé dans le cadre de la mobilisation des 1000 milliards FCFA de la Force Covid-19, enveloppe budgétisée par les autorités pour lutter contre les effets de la pandémie du Coronavirus. La politique d’endettement actuelle adoptée par l’Etat du Sénégal est de plus en plus orientée vers le choix d’instruments innovants tels que les obligations assimilables, les adjudications ciblées réservées à des spécialistes en valeurs du Trésor. Pour le second trimestre 2020, les intentions d’émissions de titres publics de l’Etat se situent à 150 milliards de FCFA (contre 135 milliards au premier trimestre) à raison de 100 milliards de FCFA sous forme de bons assimilable du trésor (BAT) et 50 milliards de FCFA sous forme d’OAT. Trois types d’OAT sont concernés par l’émission par adjudication du 10 avril 2020 avec des maturités et taux d’intérêt différents. Le remboursement du premier type d’OAT de 3 ans se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2023. En revanche, le paiement des intérêts se fera annuellement dès la première année avec un taux de 5,85%. Pour le deuxième type d’OAT de 5 ans, son remboursement se fera aussi en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2025. Le paiement des intérêts se fera annuellement dès la première année avec un taux de 6%. Le remboursement du dernier type d’OAT de 7 ans se fera à son tour en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2027. De même le paiement du taux d’intérêt de 6,15% interviendra annuellement dès la première année. (APA news)
Mots clés: Senegal, UMOA
Burkina Faso: Roxgold a produit 32 380 onces d’or à Yaramoko au premier trimestre - Au Burkina Faso, la compagnie minière Roxgold a produit 32 380 onces d’or pour le compte du premier trimestre à sa mine d’or Yaramoko dans le sud-ouest du pays. La société qui n’est pas encore affectée par les restrictions liées au Covid-19 est en bonne voie pour atteindre son objectif de production annuelle de 120 à 130 000 onces d’or. « Yaramoko continue à bien fonctionner avec un trimestre solide pour commencer l’année ainsi qu’un tonnage et des grades supérieurs aux attentes […]. Les activités d’extraction et de production se sont poursuivies sans interruption », a commenté John Dorward, PDG de la compagnie, précisant que des mesures de précautions sont prises afin de limiter les risques de contagion pour les équipes opérationnelles. Pour rappel, outre la mine Yaramoko au Burkina Faso, Roxgold détient le projet aurifère Séguéla en Côte d’Ivoire. Elle compte finaliser avant la fin du deuxième trimestre, une évaluation économique préliminaire (PEA) pour ce dernier actif qui héberge selon les dernières estimations un million d’onces d’or. (Agence ecofin)
Mots clés: Burkina Faso, Or
AFRIQUE DE L’EST
Mozambique : lancement de l’appel d’offres international pour la construction de la ligne Temane-Maputo (563 km) – Le Mozambique vient de lancer un appel d’offres international pour le projet de construction de sous-stations et de la ligne de transmission électrique Temane-Maputo d’une capacité de 400 kV. Le marché financé avec l’appui de la Banque mondiale est subdivisé en trois lots. Il s’agit de la section de ligne électrique Vilanculos-Chibuto d’une longueur de 340 km, celle de Chibuto-Matalane longue de 180 km et la ligne Matalane-Boane d’une longueur de 43 km. Les offres relatives à ces lignes électriques devront être déposées au plus tard le 28 avril. Il est également prévu dans le projet la mise en place de sous-stations électriques à Vilanculos, à Chibuto et à Matalane, ainsi que l’extension des sous-stations de Maputo. Les entreprises intéressées par la mise en place de ces sous-stations ont jusqu’au 25 mai pour déposer leurs dossiers. Ces différents projets bénéficient de l’appui de partenaires tels que la Banque islamique de développement et le Fonds de l’OPEP pour le développement international. 550 millions $ ont déjà été levés par le gouvernement auprès des partenaires pour ces infrastructures prévues pour entrer en service d’ici fin 2023. (Agence ecofin)
Mots clés: Mozambique, Maputo, Lignes électriques
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud: le secteur minier presque à l'arrêt - Les mines sud-africaines sont à l’arrêt depuis le début du confinement du pays, il y a deux semaines. Avec plus de 2 100 personnes testées positives, l’Afrique du Sud compte le plus grand nombre de cas de coronavirus recensés sur le continent. Hormis les mines de charbon, nécessaires pour produire l’électricité du pays, et quelques exceptions, comme la transformation de certains minerais, le secteur est quasiment au point mort, du jamais vu dans le pays. La filière minière contribue à hauteur de 7% du PIB du pays, et emploie plus de 450 000 personnes. Cet arrêt forcé pourrait donc porter un nouveau coup dur à l’économie du pays déjà à bout de souffle. Les mines sud-africaines ne sont pas totalement désertes, contrairement à ce qu’aurait souhaité le principal syndicat du secteur : certaines ont obtenu des dérogations, et les mines souterraines peuvent continuer des opérations de maintenance. Siyanda Bakgatla est une mine de platine, dans la province du Limpopo, au nord du pays. Elle fait travailler, de façon indirecte, près de 6 500 personnes. Seule une poignée d’entre elles sont restées pour maintenir la mine. Les autres continuent à recevoir une partie de leur paie, selon le PDG François Uys. « Tout notre processus de production est à l’arrêt. Mais dans une mine souterraine, il y a de l’eau qui s’infiltre parfois au niveau des zones de travail, donc il faut continuer à faire tourner les pompes. Et pour faire descendre des gens, il faut d’autres personnes qui font marcher le système de descente. Il faut aussi bien sûr continuer à ventiler. Il y a tout un ensemble d’opérations qu’on ne peut pas arrêter comme cela. Les autres travailleurs sont rentrés chez eux, et ils devront y rester pendant 21 jours. » Plusieurs grosses compagnies, comme par exemple Anglo-American, ont été poussées à appliquer la clause de force majeure : cela signifie qu’elles ne pourront pas honorer leurs contrats pour des raisons indépendantes de leur volonté. (RFI)
Mots clés: Afrique du sud, Mines, Maputo, Lignes électriques
AFRIQUE DU NORD
Faiblesse des prix du pétrole : sales temps en prévision pour l’économie algérienne - La faiblesse des prix du pétrole va continuer à fragiliser l’économie algérienne, même avec la nouvelle réduction de l’offre du groupe OPEP+. C’est ce qu’explique l'expert pétrolier Nazim Zouioueche dans une interview accordée à l'agence de presse officielle APS. En Algérie, l'effondrement des prix a, comme ailleurs, faussé les prévisions de revenus, mais dans le cas d’espèce, la situation aura un impact plus important sur les réserves de devises étrangères. Le président Abdelmadjid Tebboune a, lui-même, récemment reconnu la « vulnérabilité » de l'économie face à la faiblesse des prix du pétrole et la contraction de la demande mondiale, dues au Covid-19. Les réserves de devises étrangères de l'Algérie sont tombées à moins de 60 milliards de dollars à fin mars, contre près de 80 milliards de dollars fin 2018 et plus de 97 milliards de dollars fin 2017. Nazim Zouioueche et de nombreux analystes craignent qu’en raison des charges publiques, ces réserves ne s'épuisent rapidement. Pour l’économiste Ahmed Dahmani, cette situation entraînera non seulement un épuisement rapide des réserves de change, mais aussi une aggravation du déficit budgétaire et de la balance des paiements, une forte dévaluation du dinar et une poussée inflationniste, entraînant une récession économique et un chômage de masse. Luis Martinez, économiste spécialiste de l'Afrique du Nord à Sciences Po, va plus loin, en affirmant que « l’Algérie est au bord d'un gouffre financier ». Il suggère à Alger d'élargir l'assiette fiscale, de recourir à la dette publique et de négocier des prêts, avant d’ajouter que les réserves de change restantes ne devraient permettre au pays que de tenir jusqu'en 2021. Le gouvernement a décidé de réduire les dépenses publiques en mars, après que le prix du pétrole a chuté à 22,50 dollars. Le budget 2020 du pays avait été établi sur la base d'un prix du pétrole à 50 dollars le baril, avec une croissance d'environ 1,8 %. Récemment, le gouvernement a annoncé une réduction de 30% du budget de l'Etat. La Sonatrach va, quant à elle, réduire de moitié ses dépenses de fonctionnement et d'investissement. Celles-ci passeront à 7 milliards de dollars. (Agence ecofin)
Mots clés: Algerie, Pétrole
Impact de la crise sanitaire : Les banques adoptent des mesures de sauvegarde des entreprises- L’impact de la pandémie de coronavirus sur les entreprises a fait réagir les banques. L’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF) a annoncé la mise en application de mesures en faveur des entreprises en difficulté. « Dans le contexte actuel de propagation de la pandémie de Covid-19, et en application de l’instruction émanant de la Banque d’Algérie, les banques et les établissements financiers, conscients des impacts économiques de la situation sanitaire actuelle du pays, ont décidé de prendre des mesures de sauvegarde des entreprises et de l’outil de production », explique ce communiqué. Les entreprises concernées par ces mesures sont celles qui sont particulièrement exposées aux difficultés du fait de la suspension ou des perturbations de leurs activités. Exprimant leur solidarité, les banques de la place affirment, par la voix de l’ABEF, qu’elles accompagneront ces entreprises dans cette situation exceptionnelle. Ainsi, chaque cas sera traité individuellement. « L’ABEF examinera la situation individuelle de chaque client (particuliers, professionnels, TPE, PME/PMI, grandes entreprises, etc.) et prendra les mesures appropriées portant essentiellement sur le report et/ou renouvellement des échéances des crédits arrivées au 31 mars 2020 et postérieurement. » Il sera également question de la consolidation des impayés non traités à la date du 31 mars 2020 et postérieurement, la prorogation des dates limites d’utilisation des crédits et les différés de paiement ainsi que l’annulation des pénalités de retard des créances exigibles à la date du 31 mars 2020 et postérieurement. Le communiqué de l’ABEF précise également la décision du maintien et/ou du renouvellement des lignes de crédits d’exploitation. Les mesures énoncées seront effectives sur une période de six mois, à compter du 31 mars 2020, indique l’association des banquiers. Les banques, pour rappel, continuent d’assurer leurs services habituels permettant à leur clientèle d’exécuter l’ensemble de leurs opérations, dans les meilleures conditions, informe l’ABEF. (ELWATAN)
Key Words: Algerie, ABEF, Mesures de sauvegarde Covid-19
Le FMI met le paquet pour la Tunisie- La nouvelle est tombée tard dans la nuit du vendredi 10 avril. Le Fonds monétaire international a donné son feu vert à un prêt d'urgence de 745 millions de dollars à la Tunisie pour que le pays puisse répondre aux conséquences de la pandémie de coronavirus. Il faut agir vite et le FMI, de plus en plus sollicité, semble en avoir pris la pleine mesure. 745 millions de dollars pour qui et pourquoi? Ce financement entre dans le cadre de son instrument de financement rapide, mis en place par l'institution internationale. Il s'agit d'un instrument de financement rapide, offert à tous les pays membres et plus souple qu'un programme à part entière, qui demande bien souvent de procéder à des revues régulières. Dans le cas de la Tunisie, le financement du FMI doit venir en appui aux mesures déjà annoncées par les autorités pour faire face à l'épidémie « et atténuer ses répercussions sur le plan humanitaire, social et économique dans un contexte plus incertain que jamais », note le Fonds dans un communiqué.
La pire récession depuis son indépendance
Il faut souligner que l'économie tunisienne est au bord du gouffre. Elle devrait se contracter de 4,3 % en 2020 à cause du Covid-19, selon les estimations du FMI. De ce fait, le pays connaîtrait la pire récession depuis l'indépendance en 1956. L'argent apporté par le FMI doit aussi garantir « un niveau adéquat de réserves internationales et permettra de mobiliser des financements supplémentaires auprès des bailleurs de fonds ». « Les autorités ont pris des mesures urgentes en mettant l'accent sur le secteur de la santé, les dispositifs de sécurité sociale et les entreprises en difficulté », a déclaré Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président du conseil d'administration. « Les autorités s'emploient également à limiter les tensions budgétaires, notamment au moyen d'un mécanisme d'ajustement automatique des prix des carburants, de réductions urgentes de la masse salariale de la fonction publique et d'un rééchelonnement des investissements publics non prioritaires », a-t-il ajouté. (Lepoint)
Mots clés: Tunisie, FMI, prêt d’urgence
