LA QUOTIDIENNE DU CAPC 12 JUIN 2020

 

INTERNATIONAL

Les nouvelles données sur le COVID-19 suggèrent que les souffrances liées à la faim sont en hausse dans les pays vulnérables -  Les évaluations menées par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) indiquent clairement que la pandémie du COVID-19 et ses impacts contribuent à augmenter les souffrances liées à la faim dans les pays vulnérables qui enregistraient déjà des niveaux élevés d'insécurité alimentaire avant l'apparition de la maladie. « La pandémie du COVID-19 représente un véritable danger pour la sécurité alimentaire et la nutrition et en particulier sur les communautés les plus vulnérables au monde, » a déclaré QU Dongyu, le Directeur général de la FAO, à l'ouverture d'un événement de haut niveau des Nations Unies sur l'action humanitaire. À l'occasion de cet événement virtuel, le Directeur général a fait savoir que, tandis que les évaluations se poursuivaient dans les pays en pleine saison agricole, les effets du COVID-19 étaient déjà visibles dans certaines zones sensibles particulièrement touchées par la crise alimentaire. Les données récentes fournies par l'initiative du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) indiquent qu'en Afghanistan, les effets du coronavirus ont aggravé l'insécurité alimentaire, là où le niveau était déjà extrêmement alarmant. Selon les dernières estimations montrent, 10,3 millions de personnes sont aujourd'hui confrontées à un niveau de crise de faim aiguë, voire pire. On observe la même tendance en République centrafricaine où près de 2,4 millions de personnes font face à un niveau de crise, ou pire, d'insécurité alimentaire aiguë qui aurait, selon l'IPC, augmenté de 11 pour cent par rapport à la période précédant la pandémie. En Somalie, d'ici les prochains mois, 3,5 millions de personnes pourraient se retrouver confrontées à un niveau de faim considéré comme de crise, ou pire, soit trois fois plus qu'en début d'année. « Nous risquons de nous retrouver face à une crise alimentaire à moins que des mesures ne soient prises rapidement afin de protéger les populations les plus vulnérables, de maintenir en vie les chaines mondiales d'approvisionnement et d'atténuer les impacts de la pandémie à travers l'ensemble du système alimentaire, » a déclaré le Directeur général.  (FAO)

Mots Clés: FAO, Faim

Chute record du PIB du G20 au premier trimestre 2020 -  Suite à l'introduction à travers le monde de mesures de confinement liées au COVID-19, le produit intérieur brut (PIB) réel dans la zone G20 a chuté de 3,4% au premier trimestre de 2020, la plus forte contraction depuis le début de la série chronologique en 1998, selon des estimations provisoires. À titre de comparaison, le PIB n'avait reculé que de 1,5% au premier trimestre de 2009 au plus fort de la crise financière. Parmi les économies du G20, celles qui ont introduit le plus tôt des mesures de confinement strictes ont connu les plus fortes contractions du PIB au premier trimestre de 2020: la Chine (moins 9,8%), et la France et l'Italie (moins 5,3%, dans les deux pays). Le PIB a également fortement baissé en Allemagne (de moins 2,2%), au Canada (moins 2,1%) et au Royaume-Uni (moins 2,0%). Le PIB s'est également contracté au Brésil (de moins 1,5%), aux États-Unis et en Corée (moins 1,3%, dans les deux pays) et au Mexique (moins 1,2%). La contraction a été moins prononcée en Indonésie (moins 0,7%), au Japon (moins 0,6%) et en Australie (moins 0,3%). L'Inde (0,7%) et la Turquie (0,6%) ont été les deux seules économies du G20 à avoir enregistré une croissance positive au premier trimestre de 2020. Le PIB en glissement annuel de la zone G20 s'est contracté (de moins 1,5%) au premier trimestre de 2020, après une croissance de 2,8% au trimestre précédent. Parmi les économies du G20, la Turquie a enregistré la plus forte croissance annuelle (4,4%), tandis que la Chine a enregistré la plus forte contraction annuelle (moins 6,8%).  (OCDE)

Mots Clés: Covid-19, G20, PIB

L’indice des prix alimentaires de la FAO chute à son plus bas niveau depuis décembre 2018 - Les prix mondiaux des produits alimentaires ont atteint en mai, leur plus bas niveau en 17 mois selon l’indice mensuel publié aujourd’hui par la FAO. L’indicateur global de la FAO s’est établi en moyenne à 162,2 points, marquant le quatrième mois consécutif de baisse et le plus bas niveau depuis décembre 2018. D’après l’organisation, cette situation s’explique principalement par la demande atone pour les produits alimentaires liée à la pandémie du coronavirus et par des stocks mondiaux confortables notamment pour les céréales. Dans les détails, l’indice composite du sucre est le seul à avoir augmenté alors que le reste des denrées alimentaires (céréales, les huiles végétales, les produits laitiers et la viande) affichait des prix à la baisse.  « Le plus fort recul a été enregistré pour les produits laitiers (-7,3 % depuis avril et -19,6 % depuis mai 2019) à la suite de fortes chutes des cours mondiaux du beurre et du fromage, en surproduction dans beaucoup de régions alors que la demande a reculé en raison de la crise », souligne la FAO.  Selon l’organisme onusien, les stocks mondiaux de céréales devraient atteindre 927 millions de tonnes d’ici 2021, dont 47 % proviendront de Chine. La récolte mondiale de riz est notamment prévue pour s’élever à 508,7 millions de tonnes en 2020, soit un niveau record. (Agence ecofin)

Mots Clés: FAO, Indice des prix

 

PANAFRICAIN

COVID-19 : L’Afrique a un besoin urgent d’Internet haut débit abordable - Le Directeur de la Division de la technologie, du changement climatique et de la gestion des ressources naturelles, à la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Jean-Paul Adam, déclare aux journalistes lors d’une conférence de presse virtuelle, le 10 juin 2020, que l’Afrique contribue moins de 1% à l’économie numérique mondiale, qui représente environ 15% du PIB mondial. Il dit que le continent a besoin d’environ 100 milliards de dollars pour mettre à disposition un accès Internet universel, abordable et de bonne qualité d’ici 2030 (selon la Banque mondiale). Actuellement, seulement 17,8% des ménages en Afrique ont Internet à la maison et le continent ne représente que 21% des utilisateurs d’Internet dans le monde. On estime que plus de 250 millions d’écoliers en Afrique ont été affectés par le COVID-19 et la plupart d’entre eux n’ont pas les outils numériques pour poursuivre leurs cours en ligne. « Ceci est très préoccupant et transmet un message fort selon lequel la connectivité à large bande est absolument cruciale pour les établissements d’enseignement et les entreprises afin de continuer à fournir des services essentiels », indique M. Adam, ajoutant que « un internet à haut débit et fiable est essentiel pour garantir que les hôpitaux et les établissements et les institutions médicaux puissent accéder au réseau mondial d’information et aux ressources nécessaires pour lutter contre le COVID-19 ». Il cite l’accessibilité financière comme l’un des plus grands obstacles à l’accès à Internet en Afrique, déclarant que « le coût moyen de 1 Go de données sur le continent représente 7,12% du revenu moyen, certains pays ayant des taux pouvant atteindre 20%, ce qui est bien au-dessus du 1 à 2% jugés abordables ». En termes de bande passante, M. Adam affirme que de nombreux pays africains ont encore une bande passante aussi faible que 64 kilo-octets.  Il note que « dans certaines situations, les bandes passantes pour un pays entier sont inférieures à celles dont dispose un abonné résidentiel individuel aux États-Unis ». (UNECA)

Mots Clés: Afrique, Internet, CEA

Dettes africaines : la cadence des moratoires s’accélère - Avec la validation des dossiers de l’Éthiopie, du Tchad et du Congo, le 9 juin, le Club de Paris a porté à 8 le nombre de pays africains qui bénéficient à ce jour d’un moratoire sur leur dette publique (avec le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Cameroun), et à 1,8 milliard d’euros le montant des échéances reportées. Et d’autres pays devraient suivre : « Sur les 31 pays qui ont formulé des demandes, 22 sont situés en Afrique subsaharienne », a indiqué la présidente du Club de Paris, Odile Renaud-Basso, lors d’un point de presse, le 10 juin. Selon elle, il n’y a pas de surprise à attendre de l’instruction des dossiers en cours : « Les pays qui ont déposé leurs dossiers sont ceux avaient été sélectionnés comme éligibles [Le Zimbabwe, l’Érythrée, le Soudan et la Syrie de l’étaient pas, du fait d’arriérés auprès des prêteurs multilatéraux], et qui en ont fait la demande. Sauf s’ils changent d’avis et refusent les termes du contrat qui leur est soumis, la procédure aboutira », affirme-t-elle. Si 19 dossiers sont encore en cours d’instruction, la directrice du Trésor français n’exclut pas d’avoir à se pencher sur d’autres demandes : « Certains pays, très prudents au départ, notamment du fait de craintes sur leurs capacités futures d’emprunt sont en train de réviser leurs positions et pourraient se manifester », explique celle qui constate une « accélération des demandes ». (Jeune Afrique)

Mots Clés: Afrique, Dettes

La production aquacole en Afrique augmenterait de 48% d'ici 10 ans - La consommation annuelle mondiale de poisson s'élève à 20,5 kilos par personne, un niveau record qui devrait augmenter dans les dix prochaines années, souligne le nouveau rapport de la FAO sur la "Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture" (Sofia) paru hier. Face à cela, la production totale de poissons devrait atteindre 204 millions de tonnes (Mt) en 2030, soit une hausse de 15 % par rapport à 2018, le secteur de l'aquaculture comptant pour 46 %. En 2018, la production mondiale de poisson a été d'environ 179 Mt pour une valeur mondiale totale estimée à $ 401 milliards. Les produits de l'aquaculture représentent 46% de la production totale et 52% des poissons ont été destinés à la consommation humaine. La Chine est de loin le premier producteur. « Les poissons et les produits de la pêche sont considérés non seulement comme des aliments parmi les plus sains de la planète mais aussi comme ceux ayant l'impact le plus faible sur l'environnement naturel » a déclaré QU Dongyu, directeur général de la FAO. La proportion de stocks de poissons exploités à un niveau biologiquement non durable est d'environ 34,2%, souligne le communiqué. Si le chiffre global est trop élevé et ne s'améliore pas à l'échelle mondiale, en revanche 78,7% de tous les poissons débarqués proviennent de stocks biologiquement durables, souligne le communiqué. De plus, parmi les principales espèces, un grand nombre affiche une tendance à la durabilité. Les prises de thon, toutes espèces confondues, ont atteint leur niveau le plus élevé en 2018, avec environ 7,9 Mt de poissons pêchés, et deux tiers de ces stocks sont aujourd'hui exploités à un niveau biologiquement durable, soit une hausse très nette de 10 points de pourcentage en deux ans à peine qui dénote une gestion intensive dans un secteur de la pêche où l'on observe une importante surcapacité de certaines flottes.  (Commod africa)

Mots clés: Afrique, Aquaculture

 

AFRIQUE DE L’OUEST

Comment développer une filière lait en Afrique de l'Ouest avec des importations de poudre taxées à 5% - La vulnérabilité de la filière du lait en Afrique de l'Ouest s'est accentuée ces derniers mois car les stocks de lait en Europe ont encore augmenté, laissant présager d'une forte hausse des exportations  de lait en poudre vers l'Afrique de l'Ouest. Or, cette région en est déjà fortement importatrice, la production et la productivité locale étant faibles et la filière faiblement protégée par rapport aux importations très compétitives.

  • Une TVA de 5% sur le lait en poudre importé jusqu'en 2023

La Cedeao vient d'arrêter une politique régionale ambitieuse. "L'une des ambitions de la stratégie est de collecter à l'horizon 2030 l'équivalent de 25% du lait frais local produit en Afrique de l'Ouest contre 2% actuellement.  On veut aussi porter la capacité de production de quelque 5 milliards de litres aujourd'hui  à 10 milliards d'ici 2030. Donc la collecte de 25% exige un effort titanesque d'investissement par les acteurs locaux et les Etats", a expliqué Bio Goura Soulé, assistant technique Elevage et pastoralisme à la CEDEAO à l'occasion d'un webinar organisé fin mai par Vétérinaires sans Frontières, avec Oxfam, SOS Faim et le Comité français pour la solidarité internationale. "Cette stratégie est quasiment prête et elle est en cours de validation. Le premier jet a été élaboré et devait être validé à Ouagadougou en mars. Avec le confinement, elle a été reportée au 28 mai", soit la veille du webinar. Un webinar qui a souligné comment, d'une part, la filière en Afrique de l'Ouest veut défendre sa filière locale, soutenue en cela par la campagne européenne "N'exportons pas nos problèmes", mais, d'autre part, le lait en poudre européen entre sur le marché ouest-africain avec un taux de douane de seulement 5%, difficile à concurrencer. La région de la Cedeao ne cesserait de repousser la réforme de cette fiscalité extérieure car elle subit des pressions de l'UE, a-t-il été souligné. "En principe, le tarif extérieur commun devait être révisé cette année, en 2020", a précisé encore Bio Goura Soulé. "Mais les Etats se sont encore donnés un moratoire de 3 ans pour que les dérogations actuelles subsistent jusqu'en 2023. Donc pendant encore 3 ans, on va vivre dans le même contexte : un environnement complètement défavorable à la production locale de lait."

  • Un déficit de production et de distribution

Mais qu'en est-il de la situation actuelle de la filière laitière en Afrique de l'ouest ? "La production en Afrique de l'Ouest a été de 6 268 575 tonnes (t) en 2018 selon les dernières statistiques de la FAO, et la production croît d'année en année", a souligné Gilles Vias, directeur des opérations en Afrique de l'Ouest de Vétérinaires sans frontières Belgique. L'espèce bovine prédomine parmi les races productrices de lait avec 57%, suivie des espèces caprine, ovines et camélines.  (Commod Africa)

Mots clés: Afrique de l’ouest, Production, Distribution, Lait

La Covid-19 impacte l’appui financier du PNUD à la Côte d'Ivoire - Jonas Mfouatie du PNUD, a fait savoir lors d’un atelier de cadrage que le programme s’articule autour de deux piliers : le pilier gouvernance démocratique et état de droit et le deuxième pilier concerne les mesures de mitigation sur l’impact de la Covid-19. Cet impact est ressorti lors d’un atelier de revue conjoint trimestriel du cadre de coopération, organisé par le bureau du PNUD à Abidjan. La séance a eu pour objectif de faire le point de la mise en œuvre des plans de travail 2020 dans le contexte de crise de la Covid-19 et les mesures de mitigation adoptées. L’analyse faite par rapport à l’impact de la Covid-19 sur les programmes de gouvernance et de développement durable, a démontré que « sur notre cible de 12,9 millions de dollars (7,5 milliards Fcfa) pour cette année (2020), avec la crise, l’impact ne nous permet de réaliser que 7,2 millions (4,18 milliards Fcfa)», a dit Jonas Mfouatie du PNUD. De ce fait, « nous avons mis en place des mesures de mitigation, notamment l’impact sur la gouvernance (67%) et le développement durable (40%) », ce qui devrait les porter respectivement à un taux de 92% et de 82%, a indiqué M. Mfouatie. La représentante résidente du PNUD en Côte d'Ivoire, Mme Carol Flore-Smereczniak, s’est félicitée de ce que cette session qui implique la partie nationale permet de « mieux cibler les défis et les attentes des communautés » dans le contexte de crise sanitaire lié à la Covid-19. Pour sa part, le directeur de Cabinet du ministre ivoirien du Plan et du développement, Yéo Nahoua, a fait savoir que ce programme triennale, contribue au renforcement de la gouvernance,  de la cohésion sociale, de la croissance inclusive et l’accompagnement de la mise en œuvre des ODD.  (APA)

 

Mots clés: Pnud, Côte d’ivoire

 

AFRIQUE DE L’EST

Ethiopie : Lotus Energy Cooperative construira un complexe solaire de 500 MW pour EFFORT Group - L’énergéticien australien Lotus Energy Cooperative vient de remporter un contrat pour la construction d’un complexe solaire de 500 MW en Ethiopie. Cette information a été confiée par le directeur de la compagnie, Anthony Vippond, à Australian Financial Review.  L’infrastructure inclura également des batteries de stockage d’énergie ainsi que des installations de centrale à biomasse. Un réseau sera également construit afin de connecter les centrales aux installations industrielles en faisant du complexe, le plus grand mini-réseau au monde. Sa production alimentera pendant 30 ans les opérations du conglomérat éthiopien EFFORT Group actif dans la cimenterie, la construction automobile et la production d’acier. Le complexe énergétique sera implanté dans la région de Tigray dans le nord du pays. Sa mise en place a été estimée à 4,3 milliards $ et les travaux pourraient démarrer dès septembre 2020. (Agence ecofin)

Mots clés: Ethiopie, Electricité

 

AFRIQUE CENTRALE

Les exportations de la banane camerounaise chutent de plus de 4000 tonnes en mai 2020 - Après un premier trimestre décevant (baisse des exportations de plus de 13 000 tonnes), et un regain d’activité observé au mois d’avril 2020 (hausse des exportations de plus de 2700 tonnes), les exportations de la banane camerounaise ont à nouveau piqué du nez au mois de mai 2020. Selon les chiffres compilés par l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), ces exportations ont culminé à 11 872 tonnes au mois de mai 2020, contre 16 135 tonnes en mai 2019, ce qui révèle une baisse de 4 263 tonnes. Avec une chute de ses exportations de 3 844 tonnes en mai 2020, la société des plantations du Haut Penja (PHP), filiale locale de la Compagnie fruitière, est le principal auteur de la baisse de régime observée sur le marché local de la banane, au cours du mois de mai dernier. En effet, selon les données de l’Assobacam, le leader du marché camerounais n’a exporté que 10 795 tonnes de bananes en mai 2020, contre 14 639 tonnes au cours de la même période en 2019, ce qui révèle bien un gap de 3 844 tonnes. (Investir)

Mots clés: Cameroun, Exportation, Bananes

Gabon : L’investissement public n’est pas le moteur de la croissance, selon le FMI - Dans son rapport d’assistance technique sur l’évaluation de la gestion des investissements publics au Gabon entre 2010 et 2019, publié le 8 juin, le Fonds monétaire international(Fmi) souligne que l’investissement public au Gabon ne stimule pas la croissance et que les dépenses d’investissement ne se traduisent pas automatiquement par une accumulation réelle d’actifs, ce qui soulève des questions sur l’efficacité réelle de ces dépenses. « L’investissement public n’a cessé de croître de 2009 à 2013, année où il a culminé à 15,2% du PIB. Il a enregistré une croissance moyenne de 5,7% entre 1990 et 2018. Parallèlement, l’investissement privé a diminué, tout comme la croissance et le stock de capital public », indique ce rapport de 69 pages. En termes de qualité des infrastructures, l’efficacité des investissements publics a baissé de moitié du niveau optimal prévu, contre une baisse de 20 % dans le monde et en Afrique subsaharienne, ainsi qu’une baisse de 31 % au sein de la zone des États membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac). Selon les économistes ayant participé à cette analyse, l’amélioration de l’efficacité des investissements publics est essentielle, compte tenu des contraintes du budget actuel du Gabon. L’évaluation a également révélé des faiblesses dans la planification des investissements publics. Les rôles stratégiques et opérationnels ne sont pas clairement définis et de multiples acteurs établissent des listes séparées et non coordonnées de projets qui ont parfois peu de chose à voir avec la liste finale sélectionnée pour être incluse dans la loi budgétaire. Par ailleurs, le choix des prestataires chargés des travaux est essentiellement basé sur des accords tacites ; le suivi de la mise en œuvre des projets n’est ni centralisé ni suffisamment supervisé, ce qui se traduit par une mauvaise exécution budgétaire, physique, financière et comptable synchronisée.  (Gabon review)

Mots clés: Gabon, Investissement, croissance

 

AFRIQUE AUSTRALE

L’impôt de 40% sur le revenu « fait de Maurice ‘un high tax jurisdiction' » - « L’impôt sur le revenu à 40%, auquel s’ajoute les 3% de prélèvement pour les charges sociales, soit plus du double du taux actuel, est nettement au-dessus des taux pratiqués ailleurs et fait de Maurice ‘un high tax jurisdiction’ ». Tel est l’avis exprimé par la Chambre de Commerce et d’Industrie (MCCI), à travers un communiqué émis ce mardi 9 juin, suite à la mesure budgétaire concernant une hausse de l’impôt à 40% envers ceux touchant un « high revenue ». Le Budget, selon la MCCI, annonce « deux nouvelles mesures contradictoires ». Soit l’impôt sur le revenu à 40% et l’imposition d’un « levy » sur les chiffres d’affaires. Pour la MCCI, l’instauration de ces taxes, annoncée dans le Budget 2020/2021, n’est « pas rationnelle » dans cette période post-COVID. Celles-ci « affecteront les activités économiques et commerciales ». « Cette mesure risque de provoquer une fuite des cerveaux ! Cette nouvelle politique fiscale crée ainsi une discrimination entre Mauriciens et expatriés, auxquels l’imposition est moindre », est d’avis la MCCI. (Le mauricien)

Mots clés: Maurice, Impôt sur le revenu

 

AFRIQUE DU NORD

L’Afrique du Nord pourrait devenir la première région importatrice de blé en 2020/2021 - En 2020/2021, l’Afrique du Nord pourrait devenir le principal pôle d’importation mondial de blé, une première depuis trois campagnes. C’est ce qu’estime le Département américain de l’agriculture (USDA) dans ses dernières prévisions pour le marché céréalier, publiées en mai dernier. En effet, les achats de la céréale pourraient grimper à 29,7 millions de tonnes, soit 7,4 % de plus que la saison précédente durant la campagne démarrant en juillet prochain. Ce niveau d’importation placera la région devant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, les autres moteurs de la consommation mondiale de blé. Au Maroc, les volumes importés devraient atteindre un chiffre record de 5,8 millions de tonnes en raison notamment d’une production prévue en baisse de 33 % durant ladite saison sur fond de sécheresse. Dans cette perspective, l’exécutif a déjà prolongé la suspension des droits de douane appliqués au blé tendre jusqu’à la fin de l’année. Du côté de la Tunisie, une hausse du tiers des importations à 2,5 millions de tonnes de blé est escomptée du fait également d’une importante contreperformance de l’appareil de production. En Algérie, le volume importé devrait augmenter de 15,3 % à 7,5 millions de tonnes en 2020/2021. Il faut noter que cette dernière prévision reste teintée d’incertitudes en raison de la baisse des réserves de devises étrangères du pays, liée à la crise économique engendrée par le coronavirus. En Egypte, principal importateur mondial, les volumes devraient être presque stables en 2020/2021, les achats devant se situer autour de 13 millions de tonnes selon l’USDA.  (Agence ecofin)

Mots clés: Afrique du nord, Importations, Blé

Le Soudan a entamé des discussions pour le lancement d'un programme de réformes sous tutelle du FMI - Le gouvernement soudanais a engagé des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en œuvre d’un programme de réformes. L’annonce a été faite dimanche 7 juin par le ministre soudanais des Finances, Ibrahim Elbadawi. Selon le responsable, il s’agira d’un programme non financé. Il servira surtout à faire un bilan positif des réformes déjà entreprises par les autorités de Khartoum afin d’ouvrir la voie à un soutien financier des bailleurs de fonds internationaux pour faciliter la réalisation d’importants projets de développement. « Cette semaine, le Soudan a entamé des négociations [...] pour convenir d'un programme contrôlé par le personnel qui cherche à ouvrir les portes au financement international et aux investissements dans les grands projets de développement, d'infrastructures, de consolidation de la paix et de création d'emplois pour les jeunes », a déclaré le ministre Elbadawi. Pour rappel, le Soudan fait face depuis plusieurs années à une crise économique qui a fait monter son inflation jusqu’à près de 100% et fait chuter la valeur de sa monnaie. L’inscription du pays sur la liste noire américaine des Etats finançant le terrorisme a empêché Khartoum de bénéficier de l’aide des institutions financières internationales à qui il doit déjà plus de 3 milliards $, selon les estimations. Les nouvelles discussions entamées marquent donc un retour progressif du pays est-africain dans le système financier international duquel il est exclu depuis plusieurs décennies. (Agence ecofin)

Mots clés: Soudan, FMI