LA QUOTIDIENNE DU CAPC 17 JUIN 2020

 

ANNONCE IMPORTANTE

Sondage - Pandémie COVID-19 et son impact économique sur les entreprises africaines.

La Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et International Economics Consulting Ltd se sont associées en avril 2020 afin de mener une première enquête et de fournir un aperçu des effets économiques de la pandémie sur l'activité économique et le commerce pour les entreprises à travers l'Afrique. L'analyse et le rapport complet ont été publiés et peuvent être consultés ici. À la suite des commentaires positifs sur l'enquête d'avril, et afin de faire la lumière sur les réponses politiques et de comprendre comment les entreprises progressent pendant la pandémie, l'équipe propose une deuxième série de l'enquête. Veuillez également noter que la portée du questionnaire a été légèrement étendue (par rapport à la première) pour tenir compte des questions qui gagnent encore plus d'importance dans le contexte de la pandémie, et concernant précisément les chaînes d'approvisionnement, la technologie, la concurrence et le genre. Cette enquête devrait prendre 15 minutes et soyez certain que toutes les réponses resteront strictement confidentielles. Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour commencer l'enquête, la date limite pour y répondre est le dimanche 28 juin.

https://www.surveymonkey.com/r/Covid-19-Impact-Afrique

Merci beaucoup d'avoir consacré votre temps à nous aider dans nos recherches. Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet de l'enquête ou de l'étude de recherche, n'hésitez pas à nous contacter par mail eca-atpc@un.org

 

INTERNATIONAL

Les économistes de la Cnuced prévoient une chute de 40% des investissements étrangers directs -  En mars dernier, la Cnuced – la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement – prévoyait un recul de 15 à 20% des investissements directs étrangers pour cette année. Trois mois plus tard, le chiffre est revu à la baisse. Ils vont reculer de 40% en 2020, et sans doute encore de 5 à 10% l'an prochain avant de rebondir en 2022. Les quelque 5 000 multinationales sondées par la Cnuced réduisent la voilure, en urgence, la crise économique s'annonçant pire que celle de 2008. Toutes les régions du monde sont touchées. L'Europe devrait reculer de 30 à 45%, tout comme l'Asie. Et aussi l'Amérique du Nord de 20 à 30%, et l'Afrique de 25 à 40%. L'Afrique sera en outre pénalisée par la baisse des cours des matières premières qui réduit encore l'intérêt des investisseurs. Le secteur minier est d'ailleurs globalement celui qui va le plus mal, avec une baisse des investissements étrangers de 70% anticipée cette année. La Cnuced ne prévoit pas de reprise avant 2022. Et dans ce contexte, l'Afrique dispose d'atouts. D'une part, elle multiplie depuis dix ans les zones économiques spéciales et les zones franches, très attractives aux yeux des investisseurs. D'autre part, l'entrée en vigueur de la zone de libre échange continentale en janvier prochain va contribuer à faire affluer les capitaux étrangers. (RFI)

Mots Clés: IDE, Cnuced, Recul

Jordanie : 100 millions de dollars pour améliorer l’accès à l’emploi et les conditions de travail des Jordaniens et des réfugiés syriens -  La Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un programme d’assistance financière de 100 millions de dollars pour développer l’accès à l’emploi et améliorer les conditions de travail des Jordaniens et des réfugiés syriens. Ce crédit de l’IDA vient compléter le Projet de promotion de l’emploi en faveur de la population jordanienne et des réfugiés syriens, une opération lancée en 2016 qui a permis, en soutenant la création d’emplois et l’entrepreneuriat, de créer des sources de revenus et d’améliorer les conditions de travail pour les réfugiés et les communautés d’accueil. Ce financement additionnel va étendre la portée des activités liées au projet dans le but de promouvoir la création d’emplois et de préserver la croissance économique. Il permettra aussi de prolonger le soutien apporté au gouvernement jordanien pour qu’il continue d’assurer ce bien public mondial que constitue l’accueil de réfugiés, tout en l'aidant à absorber le choc provoqué par la crise due au coronavirus (COVID-19). Alors que la crise économique consécutive à la pandémie de COVID-19 frappera vraisemblablement plus durement les travailleurs informels, le projet va étendre la couverture sociale des plus pauvres, Jordaniens et non-Jordaniens, dans l’objectif de protéger les travailleurs face à d’éventuelles pertes d’emploi.  La crise du coronavirus a révélé tout l’intérêt des services financiers dématérialisés pour maintenir la circulation de l’argent et l’activité économique. En s’appuyant sur la stratégie nationale pour l’inclusion financière, le projet va promouvoir l’accès des Jordaniens pauvres, des femmes et des réfugiés syriens à des services de portefeuille numérique. Ils pourront ce faisant toucher un salaire, des fonds d’urgence ou des allocations chômage mais également procéder à des paiements en cas de nouvelles crises sanitaires entraînant le confinement des populations ou des restrictions de déplacement.  (BM)

Mots Clés: Jordanie, Emplois, Réfugiés

L’économie mondiale se remet plus lentement que prévu, estime le FMI - « Il y a une grande incertitude sur la reprise », a-t-elle déclaré lors d’une vidéo diffusée dans le cadre du 7e Forum annuel de politique monétaire asiatique. Le FMI doit publier le 24 juin ses nouvelles prévisions économiques et « elles seront très probablement pires que ce que nous avions en avril », a prévenu Mme Gopinath. « La grande question est de savoir comment la reprise va être, quelles séquelles et pour combien de temps » cette crise va laisser, a-t-elle également consenti, étant donné l’ampleur de la récession, le début des faillites et des problèmes d’insolvabilité ainsi que les potentiels changements de comportement des consommateurs. « L’une (des questions) préoccupante (s) est le rythme de la reprise », a-t-elle insisté. « Un grand nombre de ces variables laissent à penser qu’il y aura des cicatrices importantes », a-t-elle conclu. En avril, le FMI avait estimé que l’économie mondiale serait en récession cette année avec une contraction du Produit intérieur brut de 3 %. L’institution de Washington avait indiqué que la récession mondiale pourrait être encore plus profonde si le coronavirus persistait au second semestre ou si une deuxième vague de la pandémie se produisait. Pour 2021, le FMI tablait sur une reprise avec un PIB mondial en hausse de 5,8 %.  La COVID-19 a fait au moins 421 691 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.  (La presse)

Mots Clés: Economie mondial, FMI

 

PANAFRICAIN

Crise alimentaire : des pistes pour fluidifier les approvisionnements en Afrique - En pleine crise du Covid-19, la nourriture à prix abordable ne manque pas, comme le martèle l’économiste en chef de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Par ailleurs, les erreurs qui avaient aggravé la crise alimentaire en 2008 n’ont pas été reproduites : de nombreux gouvernements ont mis en place des transferts monétaires pour soutenir les plus pauvres ; et les restrictions d’exportations restent très limitées par rapport à celles qui avaient prévalu en 2008. Offre alimentaire disponible, commerce international maintenu, demande soutenue par les gouvernements… n’y a-t-il donc aucun risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique en ces temps perturbés par la pandémie ? Certes non. Mais au-delà de la hausse de la pauvreté, les risques résident surtout dans les défauts d’approvisionnements alimentaires et dans une potentielle inadéquation des politiques publiques nationales pour y remédier. Notre analyse nous permet de présenter cinq pistes pour contrer les idées reçues et garantir une meilleure qualité des échanges au sein du continent.

  • Des risques colossaux persistent

Les consommateurs urbains, déjà particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire, sont fortement affectés, sans pouvoir, pour la plupart, s’exiler à la campagne et retrouver une parcelle agricole. Les transferts monétaires des États ne suffiront pas et ceux envoyés par la diaspora sont fortement touchés par la crise. Ce qui fait défaut ensuite, c’est l’infrastructure logistique pour acheminer les denrées alimentaires du port, ou du champ, jusqu’aux consommateurs : les circuits d’échanges internationaux ne sont pas rompus, mais les circuits d’approvisionnement et de distribution nationaux et intra-africains, eux, sont beaucoup moins robustes et résilients

  • Fluidifier les échanges

Selon la Banque mondiale, l’alimentation reste aujourd’hui le premier poste de dépense des ménages africains. Y améliorer l’accès est donc crucial pour la sécurité alimentaire et la santé, mais aussi pour la lutte contre la pauvreté. L’économie alimentaire est aussi la première source d’emplois en Afrique. Elle va bien au-delà des seules activités de production agricole. On estime en effet qu’elle représentera un marché de mille milliards de dollars d’ici à 2030. Or, sans possibilité de commercer de façon fluide, il n’y aura pas d’accès aux marchés pour les producteurs, pas d’économie d’agglomération ni d’économies d’échelle, pas de diversification des activités dans le secteur ni de compétitivité des économies et des villes africaines.

  • Agir sans déstabiliser

Premièrement, il devient crucial de comprendre les facteurs qui motivent les producteurs à desservir tel ou tel marché, et les consommateurs à se rendre à tel ou tel point de vente. Ces facteurs sont centraux pour comprendre les forces d’attraction (centripètes) ou de dispersion (centrifuges) qu’exerce la ville sur les zones de production agricole. Dans le cas contraire, les politiques publiques pourraient avoir un effet contraire à celui recherché. Prenons l’exemple d’une amélioration des conditions d’accès des consommateurs à un marché en subventionnant le transport public par exemple. Cela pourrait augmenter les prix sur ce marché si l’afflux de consommateurs n’est pas suivi d’une augmentation de l’offre.  (The conversation)

Mots clés: Afrique, Alimentation, Approvisionnement

 

AFRIQUE DE L’OUEST

Le Ghana importe du sucre de Russie - Pour la première fois depuis longtemps, le Ghana, aux côtés de l'Afrique du Sud et de Madagascar ont importé du sucre de Russie, Moscou ayant aussi repris ses ventes de l'édulcorant à l'Afghanistan et la Norvège ce qu'elle n'avait plus fait depuis 2016. Notons le récent essor de la Russie sur la filière sucre avec des volumes exportés, toutes destinations confondues, qui ont été multipliés par 13 entre janvier et mai pour atteindre 619 000 t générant des recettes multipliées, quant à elles, par 10 à $ 245 millions. L'Ouzbékistan est son premier marché avec 165 000 t, suivi par l'Azerbaïdjan avec 99 000 t, le Kazakhstan avec 96 000 t, le Tadjikistan 63 000 t et le Turkménistan avec 39 000 t. Quant aux importations russes de produits intéressants l'Afrique de l'Ouest mais qui pourtant ne lui en fournit pas ou peu, plusieurs points sont à noter. Ainsi, les achats russes de bananes sur les quatre premiers mois de l'année ont été en très légère hausse par rapport à janvier-avril 2019, à 582 100 t contre 580 300 t, pour un coût de $ 432,1 millions contre $ 430,5 millions. Un marché dont est quasi absente l'Afrique puisque, traditionnellement, la Russie importe 90% de ses bananes d'Equateur, soulignait l'année dernière Russia Business Today. La Russie représente 22% des exportations équatoriennes de bananes. Autre produit importé par la Russie et qui intéresse l'Afrique, le café dont les importations ont, là encore, légèrement augmenté à 75 900 t contre 73 500 t en janvier-avril 2019, pour une valeur de $ 211,1 millions contre $ 207,3 millions. A noter que ceci ne comprend pas les importations de café soluble alors qu'environ 60% du café consommé en Russie est du café instantané Robusta.  Selon Perfect Daily Grind, les principaux fournisseurs de café (non soluble) à la Russie sont le Brésil et le Vietnam, mais le potentiel de développement d'autres origines est grand puisque la Russie demeure encore très largement un pays buveur de thé plutôt que de café. Ceci dit, le segment du café de spécialité se développe. (Commod Africa)

Mots clés: Ghana, Importations, Russie, Sucre

Le Bénin débloque un package pour les entreprises formelles et les artisans-  Dans le cadre de la mise en œuvre des mesures sociales liées à la pandémie du coronavirus, le gouvernement du Bénin réuni en conseil des ministres le mercredi 10 juin 2020 vient d’entériner la mise en œuvre d’un un programme de soutien de 74,12 milliards de FCFA, en faveur des entreprises formelles, des artisans et petits métiers de services de l’informel, et des personnes vulnérables que sont les pauvres et extrêmes pauvres. Les mesures contenues dans ledit programme s’articulent en trois grands points. Il s’agit d’abord d’un soutien à hauteur de 63,38 milliards de FCFA au profit des entreprises.  Cette dotation est destinée à la prise en charge, selon le cas, de 70% du salaire brut des employés déclarés sur une période de trois mois, au remboursement des crédits de TVA, à l’exonération du paiement de la taxe sur véhicule à moteur pour ceux qui ne l’ont pas encore payée au titre de l’année 2020 ou à sa conversion en crédit d’impôt, au titre de l’année 2021, pour ceux qui l’ont déjà payée, à la prise en charge des loyers commerciaux sur trois mois au profit des agences de voyage déclarées. La mesure est également destinée à la prise en charge intégrale des factures d’électricité pendant 3 mois pour les hôtels et les agences de voyage à hauteur de 4,1 milliards de FCFA. Ce point intègre également un fonds de bonification de 30 milliards de FCFA au support d’une ligne de financement de 100 milliards de FCFA à taux zéro au profit des acteurs économiques ciblés via les établissements bancaires et les systèmes financiers décentralisés (SFD). Les crédits qui seront accordés via les établissements bancaires à zéro pour cent (0%) de taux d’intérêt seront remboursables sur une période de trois (3) ans maximum. Quant aux crédits accordés par les SFD, ils seront remboursables sur une période d’un an maximum. En outre, le gouvernement débloque un appui de 4,98 milliards de FCFA destinés aux artisans et ceux exerçant de petits métiers. Il prend en compte 55.000 personnes de ces catégories (activités telles que : coiffure, couture, soudure, menuiserie, petites vendeuses, etc.) qui se sont inscrites sur la plateforme digitale ouverte à cet effet, ainsi que dans les mairies et centres de promotion sociale.   (Financial Afrik)

Mots clés: Benin, covid-19, entreprises, Artisans

L’évolution du secteur bancaire dans l’UEMOA - La Covid – 19 a frappé le monde avec un « double choc»: une contraction inédite de l’offre et de la demande couplée à un choix manichéen entre urgence économique et sanitaire. Pour l’Afrique, et donc l’UEMOA, la situation à court-terme est sombre. Cependant, si le secteur financier saisit ce moment comme un déclencheur pour une transformation profonde de l’écosystème des prêts et de ses processus, en prenant l’exemple d’autres marchés continentaux et en optimisant la puissance de l’infrastructure déjà en place, la crise pourrait devenir une opportunité.

  • La situation actuelle

Le FMI prévoit une baisse du PIB pour l’Afrique Sub-Saharienne de 1.6% en 2020. Pour les deux pôles de la région, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, l’institution anticipe un ralentissement de la croissance considérable. Le tarissement des fonds envoyés par la diaspora, le déclin inévitable du tourisme et la baisse de la demande mondiale de biens exportés laisseront de profondes cicatrices économiques. Le confinement a eu un impact énorme sur les PME et le secteur informel en particulier, qui dans les économies émergentes constituent l’épine dorsale de la production économique et de l’emploi national. Une étude menée par la Direction générale de l’emploi en Côte d’Ivoire évalue le nombre d’emplois dans le secteur informel à 93% du total. Avant la pandémie, l’industrie du crédit était déjà confrontée à des nombreux défis. Dans la région, le taux de couverture ((nombre de prêts dans le BIC / nombre de population adulte) est faible, 12% dans l’UEMOA, comparé à 41% au Kenya, selon nos données, notamment pour les PME qui signalent systématiquement des difficultés d’accès au financement. Une faible automatisation du processus d’octroi des prêts, des outils de gestion de risque obsolètes, et une forte demande de garantie génèrent des coûts excessifs pour les emprunteurs et, souvent, des taux élevés de créances en souffrance. Un tel environnement crée des risques et des incertitudes pour les banques et leurs clients. Face à ces défis, comment a réagi le secteur bancaire dans l’UEMOA ? l’UEMOA a enregistré une baisse de 18.5% de consultations pour des nouveaux prêts en Mai 2020 par rapport 2019, et aucune croissance en Avril. En ce qui concerne les créances en souffrance, une augmentation semble imminente et inévitable. Les fournisseurs de données, les banques et le régulateur doivent travailler ensemble pour identifier les meilleures pratiques et les mettre en œuvre afin de lutter contre ce phénomène, car le traitement des données financières pendant la pandémie peut influencer négativement les rapports de solvabilité et le marché du crédit.  (Financial Afrik)

Mots clés: UEMOA, Secteur bancaire

AFRIQUE DE L’EST

Rwanda : le gouvernement met en place un fonds de relance économique de 107 millions $ pour les entreprises - Le Rwanda va mettre en place le Fonds de relance économique (FER) doté d’une enveloppe globale de 100 milliards de francs rwandais (107 millions $), en vue d’atténuer les effets économiques de la Covid-19 sur les entreprises. L’information a été donnée, récemment, par le ministre rwandais des Finances, Uzziel Ndagijimana. Selon les autorités rwandaises, ce fonds est un mécanisme de deux ans mis en place pour relancer l'activité commerciale et sauvegarder l'emploi afin d’accélérer la reprise des entreprises touchées par la Covid-19. La ressource sera décaissée par la Banque centrale aux banques commerciales, aux institutions de microfinance et aux Coopératives d'épargne et de crédit (SACCO) qui prêteront ensuite aux entreprises éligibles. Ce financement vise par ailleurs à soutenir la production nationale de produits essentiels tels que les masques, gants, désinfectants... qui pourraient être jugés nécessaires pendant et après cette pandémie. Selon Uzziel Ndagijimana, ce projet concernera certains secteurs d’activité tels que l’hôtellerie, la fabrication (agro-alimentaire), le transport et la logistique ainsi que les PME liées aux chaînes d'approvisionnement mondiales.  (Agence ecofin)

Mots clés: Rwanda, Covid-19, relance économique

 

AFRIQUE CENTRALE

Choc du coronavirus : le FMI évalue le besoin de financement de la balance des paiements du Cameroun à 628 milliards FCFA - Dans une note d’analyse produite ce mois de juin, le Fonds monétaire international (FMI) révèle qu’au Cameroun, la pandémie du Covid-19 a donné lieu à un besoin urgent de financement de la balance des paiements, car les comptes extérieurs du pays sont gravement affectés par divers canaux. À en croire le FMI, le besoin de financement de la balance des paiements qui en résulte est évalué à quelque 628 milliards de FCFA, soit 2,8% du PIB. Ceci à cause du choc pandémique qui a provoqué un effondrement généralisé des prix des produits de base (pétrole brut, gaz naturel et cacao) du Cameroun. Le FMI pointe également du doigt la chute des exportations à cause du confinement de l’Europe et l’Asie qui représentent plus de 80% de la demande étrangère du Cameroun en biens. De plus, les importations liées aux dépenses de santé ont augmenté dans le pays. C’est cette situation qui a poussé le FMI a accordé, le 4 mai dernier, un décaissement au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) d’environ 226 millions de dollars (135,56 milliards de FCFA) au Cameroun. Le FCR est un Instrument assorti d’un taux d’intérêt nul. Il permet aux pays à faibles revenus, qui se heurtent à un problème immédiat de balance de paiements, d’obtenir un prêt remboursable sur une période de 10 ans. Selon l’ordonnance signée le 3 juin dernier par le président de la République, le Cameroun devrait recevoir au total des financements extérieurs supplémentaires de 363 milliards de FCFA par rapport à ce qui était initialement prévu. Ce montant, ajouté à un report du service de la dette bilatérale de près de 100 milliards de FCFA, devrait permettre d’amortir en partie ce déficit de la balance des paiements en 2020.   (Investir)

Mots clés: Cameroun, FMI, Covid-19, Balance des paiements

 

AFRIQUE AUSTRALE

Afrique du Sud : 26 millions $ de deux investisseurs sud-africains pour un projet d’énergies renouvelables -  La société de gestion d’actifs, Mergence Investment Managers, et la firme d’investissement Third Way Investment Partners ont engagé conjointement 450 millions de rands (26,2 millions $) dans un projet d’énergies renouvelables en Afrique du Sud. Malgré la crise de covid-19 et ses répercussions dans de nombreux secteurs d’activité, les deux investisseurs ont l’intention d’accroître leur exposition aux énergies renouvelables qui selon eux, offrent des rendements attrayants. « Nous traversons une récession économique et nous investissons une somme d’argent substantielle dans un secteur de l’économie et dans une partie du pays qui en a le plus besoin », a fait savoir Fulufhelo Makwetla, directeur général de Third Way Investment Partners. Le domaine des énergies renouvelables est familier aux deux associés sud-africains. Mergence a investi dans 14 projets depuis 2010 tandis que Third Way Investment est exposé à plus de 30 projets dans ce secteur. Alors que l’entreprise publique Eskom qui fournit plus de 90 % de l’électricité à l’Afrique du Sud traverse de nombreuses difficultés qui affectent sa production, l’émergence de fournisseurs de solutions d’énergies renouvelables demeure une alternative intéressante pour de nombreux ménages et entreprises.  (Agence ecofin)

Mots clés: Afrique du sud, Energies renouvelable

 

AFRIQUE DU NORD

Accord Maroc- Allemagne pour la production de l’hydrogène vert - Le Maroc et l’Allemagne ont signé, mercredi à Berlin, un accord pour le développement de la production de l’hydrogène vert, avec la mise en place de projets de recherche et d’investissement dans l’utilisation de cette matière, source d’énergie écologique. Deux premiers projets seront mis en œuvre dans le cadre de la coopération économique entre le Maroc et l’Allemagne. Il s’agit du projet « Power-to-X » pour la production de l’hydrogène vert proposé par l’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN), et la mise en place d’une plateforme de recherches sur « Power-to-X », le transfert des connaissances et le renforcement des compétences en partenariat avec l’Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles (IRESEN). Le Maroc est le premier pays à signer un accord de ce genre avec l’Allemagne, juste après la présentation de la « Stratégie nationale allemande sur l’hydrogène », dotée de 7 milliards d’euros, dont deux milliards seront alloués à la coopération avec des partenaires internationaux. Cet accord devrait permettre au Royaume de mettre en place la première unité de production de l’hydrogène en Afrique. « Pour des raisons de compétitivité et surtout pour atteindre (ses) objectifs climatiques », l’Allemagne veut devenir « numéro 1 » dans l’hydrogène durable, a souligné, mercredi, le ministre de l’Economie, Peter Altmaier, lors d’une conférence à l’issue de l’adoption de ce programme en conseil des ministres allemand.  (Labass.net)

Mots clés: Maroc, Allemagne, Production, Hydrogène

Comment la Mauritanie peut-elle éviter la malédiction des ressources naturelles ? - En 2015, la Mauritanie a découvert à la frontière maritime avec le Sénégal son premier champ de gaz naturel appelé Grande Tortue Ahmeyim (GTA). Si l’exploitation de ce vaste gisement présage une augmentation rapide des ressources de l’État qui lui permettrait d’accélérer son développement, l’expérience internationale montre que l’abondance de ressources naturelles comporte aussi des risques à éviter. En effet, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé Gestion macroéconomique des recettes gazières en Mauritanie , il est difficile d’établir de manière certaines les recettes budgétaires qui pourront être générées par l’exploitation du gaz en Mauritanie. Comme tout grand projet pétrolier ou gazier, le projet GTA est confronté à plusieurs risques. Certains sont exogènes, à l’instar de la volatilité des prix sur les marchés internationaux et la pandémie de COVID-19 qui va retarder le début de la production de gaz comme prévu initialement de 2022 à 2023. D’autres risques, étroitement liés aux décisions du gouvernement, notamment en matière budgétaire, existent. L’expérience internationale montre en particulier que les pays riches en ressources naturelles peuvent connaître des défis macroéconomiques importants qui compliquent la gestion des ressources naturelles. Le rapport souligne quatre défis : gérer l’incertitude liée à la volatilité des prix du gaz sur les marchés internationaux, de prendre en compte la durée d’exploitation du gisement et assurer une équité inter-générationnelle, maximiser les revenus provenant de l’exploitation du gaz tout en limitant les effets inflationniste sur l’économie,  et maximiser la transformation des ressources en biens de production équitablement répartis entre la consommation et l’investissement, entre les secteurs, et entre les différents groupes de la population. « Cela signifie qu’il faut trouver un juste milieu entre l’investissement et la consommation, à travers les secteurs-clés, tels que le capital physique et humain, et à travers les différentes classes de revenus de la population », expliquent Wael Mansour et Samer Matta, économistes à la Banque mondiale et auteurs du rapport.  (BM)

Mots clés: Mauritanie, ressources naturelles