LA QUOTIDIENNE DU CAPC 19 AOUT 2020
Les sujets du Jour :
Une guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine pourrait avoir des conséquences « gargantuesques » (Intellivoire)
La Guinée lance le plus grand programme de transferts monétaires en Afrique (Financial Afrik)
L’Afrique importe 3,7 millions de bouteilles de Champagne pour une valeur d’environ 90 millions d’euros (Teles Relay)
Maroc : Recul des ventes de la quasi-totalité des secteurs au premier semestre (liberation)
En dépit des mesures de promotion, la production aquacole du Cameroun culmine à seulement 15 000 tonnes (Investir au Cameroun)
RDC : face à la dépréciation de la monnaie nationale, la Banque centrale fait bondir son taux directeur de 7,5% à 18,5% (Agence ecofin)
Afrique du Sud: The Foschini Group en expansion, malgré la covid-19 – (Agence ecofin)
INTERNATIONAL
Une guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine pourrait avoir des conséquences « gargantuesques » - Les retombées d’une « escalade dans la guerre économique » entre les Etats-Unis et la Chine « pourraient être gargantuesques », selon un article paru samedi dans le magazine The Economist. Citant des estimations de Deutsche Bank, l’article affirme que « des revenues perdues en Chine, le prix du déplacement des usines hors du pays et la conformité aux exigences divergentes des sphères technologiques américaine et chinoise pourraient coûter 3.500 milliards de dollars aux entreprises technologiques mondiales au cours des cinq prochaines années ». « Une grande part de cette charge » retomberait sur les entreprises américaines, ajoute l’article. L’article cite un entrepreneur chinois des technologies bloqué aux Etats-Unis en raison du COVID-19, qui indique que ses partenaires américains « restent disposés à faire des affaires », mais que ses avocats l’ont averti de « deux ou trois ans de tensions ». « Aucune entité étrangère aux Etats-Unis n’est en toute sécurité » après le cas « arbitraire » de TikTok, a-t-il avancé. Les entreprises américaines ont « des activités robustes et croissantes en Chine », indique l’article, citant par exemple General Motors, qui « vend plus de voitures en Chine qu’aux Etats-Unis », et Tesla, qui pourrait produire entre 25 et 40% de ses voitures électriques en Chine en 2021 selon les estimations d’une société de recherche. L’article fait également référence à une récente enquête du Conseil commercial Etats-Unis-Chine (USCBC), un groupe commercial représentant plus de 200 entreprises américaines en affaires avec la Chine, qui montre que davantage de ses membres « considèrent maintenant la Chine comme une priorité stratégique et une de leurs cinq principales priorités qu’en 2019 », et que « peu d’entre eux prévoient de quitter la Chine ». Alors que la Chine représente plus de 25% des ventes mondiales dans une vaste gamme de secteurs, dont les composants électroniques et l’e-commerce, « les plus grandes victimes du découplage seraient les géants technologiques américains, dont bon nombre dépendant largement » de la demande et des fournisseurs chinois. (Intellivoire)
Mots Clés: Etats-Unis, Chine, Guerre commerciale
PANAFRICAIN
L’Afrique importe 3,7 millions de bouteilles de Champagne pour une valeur d’environ 90 millions d’euros - Le rapport 2019 sur les vins de Champagne nous fournit d’intéressantes informations sur les exportations de ce vin d’exception vers certains pays africains. Le gout des élites de ces pays pour les produits luxueux renvoie aux constats habituels des indicateurs de gouvernance. Le vin de Champagne est reconnu comme étant le symbole de la réussite sociale et souvent de la victoire. Il peut aussi accompagner une vie débarrassée des contingences quotidiennes, lorsque l’on est au pouvoir. Chaque année, le Comité interprofessionnel des vins de Champagne ( CIVC) publie son rapport avec notamment les volumes des expéditions hors de France. En 2019, avant le Covid-19, les résultats donnent de précieuses indications sur la situation économique et sociale de nombreux pays consommateurs de Champagne. Parfois, comme en Afrique, la bouteille de Champagne illustre aussi les dérives de certains régimes politiques.
- Un chiffre d’affaires global de cinq milliards d’euros
Pour l’année 2019, la production globale est estimée à un peu plus de 297 millions de bouteilles de 75 cl, soit une diminution de 1,6 % par rapport à 2018. En revanche, le chiffre d’affaires global s’établit à un record historique avec 5 milliards d’euros, soit une progression de 3,6 % par rapport à 2018. Cette progression résulte des expéditions à l’étranger qui représentent désormais 52 % du volume global avec 156 millions de bouteilles pour environ 3 milliards d’euros d’exportation. Les expéditions en France déclinent de 4% par rapport à 2018 avec 141 millions de bouteilles. Pouvoir d’achat en baisse, effet gilets jaunes, perspectives économiques peu optimistes peuvent expliquer cette baisse qui correspond à la morosité ambiante.
- Les vertueux Emirats Arabes Unis, premier pays musulman consommateur
Avec 27, 3 millions de bouteilles soit 17,3% du volume global des expéditions, le Royaume-Uni reste le premier pays du classement du CIVC. Les questions politico-économiques et le Brexit n’affectent nullement les consommateurs britanniques. En millions de bouteilles, viennent ensuite les Etats-Unis d’Amérique (25,7), l’Allemagne (11,6), le Japon (14,3), la Belgique (9,2), l’Italie (8,3), l’Australie (7,7), la Suisse (5,4) l’Espagne (4,3) et les Pays-Bas (2,5). (Teles Relay)
Mots clés: Afrique, Importations, Champagne
AFRIQUE DE L’OUEST
La Guinée lance le plus grand programme de transferts monétaires en Afrique – Le Gouvernement guinéen, à travers l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), lance ce jeudi 13 août 2020 le plus grand programme de transferts monétaires en Afrique en faveur des populations en situation de pauvreté et de vulnérabilité. L’opération va concerner globalement 240 000 ménages, soit 1,5 million de Guinéens. L’objectif est de lutter contre la pauvreté en soutenant davantage les couches les plus vulnérables. Chaque ménage recevra mensuellement, pendant une première phase de six (6) mois, la somme de 250 000 francs guinéens. Les versements débuteront à Conakry en faveur de plus de 17 000 ménages (plus de 100 000 personnes). Ils seront progressivement étendus, à partir de septembre, à l’intérieur du pays, dans les neuf (9) autres préfectures pilotes du programme de l’ANIES (Kindia, Forécariah, Gaoual, Dabola, Kouroussa, Kérouané, Mamou, Tougué et Beyla). Près d’un million de personnes seront concernées. L’identification des ayants droit est le résultat d’un processus de sélection rigoureux et transparent, qui s’est déroulé en trois phases : premièrement, l’Institut national de la statistique (INS) collecte les données économiques et sociales pertinentes sur le terrain. Deuxièmement, des experts recrutés par l’ANIES et la Banque mondiale, principal partenaire financier de la Guinée dans ce projet, établissent une échelle de pauvreté des individus en appliquant une formule PMT (Proxy Means Test). Troisièmement, IDEMIA, leader mondial de la biométrie, procède à l’enrôlement biométrique des personnes identifiées. Ce processus a révélé que sur les 240 000 ménages (1,5 million de personnes) identifiés éligibles au programme de l’ANIES, 150 000 (près d’un million de personnes) sont « extrêmement pauvres » et 90 000 (585 000), « pauvres ». Une commission d’évaluation regroupant des représentants de la Primature, du ministère de l’Économie et des Finances, de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) a retenu les offres de YUP (Société Générale) et d’Ecobank pour la réalisation des transferts monétaires de l’ANIES à Conakry, après avoir doté chaque ménage d’un téléphone dédié. (Financial Afrik)
Mots clés: Guinée, Pauvreté, Inclusion financière
AFRIQUE DE L’EST
RDC : face à la dépréciation de la monnaie nationale, la Banque centrale fait bondir son taux directeur de 7,5% à 18,5% - La Banque centrale de la République démocratique du Congo (RDC) a plus que doublé son principal taux directeur la semaine dernière, le faisant passer de 7,5% à 18,5%. C’est ce qu’a annoncé le vendredi 14 août 2020, Deogratias Mutombo, gouverneur de l’institution. Selon le responsable, la mesure vise à combattre l’inflation en RDC et ralentir la dépréciation du franc congolais, la devise nationale, face au dollar. En pleine pandémie de coronavirus, cette situation a entraîné une flambée des prix fragilisant encore plus le pouvoir d’achat des consommateurs. Cette annonce intervient quelques mois seulement après que la Banque centrale du Congo (BCC) a abaissé son principal taux directeur de 9% à 7,5% pour faire face aux conséquences de la covid-19 sur l’activité économique. « C’était pour soutenir l’activité économique et permettre le refinancement. C’est une mesure qui avait été prise dans plusieurs pays africains. Maintenant qu’il y a une surliquidité et pour contenir l’expansion monétaire, nous avons opéré ce réajustement à la hausse », a indiqué le gouverneur Mutombo lors d’une conférence de presse. (Agence ecofin)
Mots clés: RDC, Banque centrale, Taux directeurs
AFRIQUE CENTRALE
En dépit des mesures de promotion, la production aquacole du Cameroun culmine à seulement 15 000 tonnes - Afin de contribuer à l’accroissement de la production aquacole du Cameroun, la Caisse de développement de la pêche maritime (CDPM) a annoncé la distribution, en 2020, de 300 000 alevins aux pisciculteurs locaux. Ce type d’initiative est légion dans le pays depuis quelques années, dans l’optique de réduire les importations massives de poissons congelés sur le territoire camerounais. Mais, en dépit de ces mesures de promotion de l’aquaculture, la production nationale demeure faible. Selon les statistiques révélées le 12 août 2020 au cours d’une concertation au ministère du Commerce, la production aquacole du Cameroun culmine généralement à 10 000 tonnes, et atteint souvent 15 000 tonnes au maximum, à en croire les producteurs. Afin d’inverser cette tendance et sauver une partie des 160 milliards de FCFA dépensés dans les importations chaque année, selon Divine Ngola Tombouh, sous-directeur de l’aquaculture au ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le Cameroun veut désormais attirer des industriels dans le secteur de l’aquaculture. C’est ainsi qu’en juillet 2020, le gouvernement a lancé un avis à manifestation d’intérêt en vue de la préqualification des opérateurs nationaux et étrangers désireux d’investir dans l’aquaculture au Cameroun. Ces investisseurs sont appelés à exploiter le potentiel aquacole qu’offrent les fleuves Dibamba, Nyong, Sanaga, ainsi que les retenues d’eau de Lagdo, Lom Pangar, et les façades maritimes entre Kribi et Campo, puis entre Limbe et Idenau. Les dossiers des investisseurs intéressés par cette offre sont attendus au Minepia le 16 octobre 2020. (Investir)
Mots Clés: Cameroun, Production, Aquaculture
AFRIQUE AUSTRALE
Afrique du Sud: The Foschini Group en expansion, malgré la covid-19 - The Foschini Group (TFG), la holding sud-africaine spécialisée dans la vente au détail, prévoit d'acquérir une société de vente de vêtements low-cost qui jusqu'ici, appartient à son concurrent Edcon qui est en difficulté. L'entreprise envisage de boucler l'opération d'ici la fin du mois de septembre 2020, maintenant qu'elle a trouvé un accord pour les magasins en Afrique du Sud de Jet, la société ciblée par l'acquisition. Des accords similaires devraient être trouvés pour des magasins situés au Botswana, au Lesotho, au royaume d'Eswatini et en Namibie. Parmi les étapes qu'il faut encore franchir, il y a l’approbation des autorités de la concurrence des différents pays concernés, un accord avec les propriétaires de Jet sur la modification des accords de bail qui ont été négociés précédemment et un accord avec les bailleurs de fonds. Au total, 371 magasins sont ciblés dans cette opération avec une valeur estimée de 27,6 millions $. Edcon, qui est le cédant dans cette opération possède également la chaîne de grands magasins Edgars. Elle a demandé la protection de la loi sur la faillite en avril 2020 pour tenter de sauver une partie de son activité. Edcon a été depuis sa création en 1929, un magasin de référence pour des millions de Sud-africains. Mais il a rencontré des problèmes financiers et surtout n'a pas réussi à rivaliser avec les chaînes internationales de mode telles que le suédois H&M. (Agence ecofin)
Mots clés: Afrique du sud, Textile, Ventes acquisition
AFRIQUE DU NORD
Maroc : Recul des ventes de la quasi-totalité des secteurs au premier semestre – En glissement annuel, les échanges commerciaux de marchandises ont connu une baisse tant au niveau des importations que des exportations respectives de 17,5% et de 18,3%, au titre du premier semestre 2020, a annoncé récemment l’Office des changes. En glissement trimestriel (comparaison entre le premier trimestre et le deuxième trimestre de l’année 2020), cette baisse a été de 25,1% pour les importations et de 23% pour les exportations, a-t-il indiqué. D’après les indicateurs des échanges extérieurs à fin juin, le déficit des échanges commerciaux de marchandises s’est ainsi allégé de 16,2% soit 16,6 Mds DH, tandis que le taux de couverture a connu un léger repli de 0,6 point. Selon l’Office des changes, la baisse des importations de biens résulte du « recul des achats de la quasi-totalité des groupes de produits en l’occurrence, de produits finis de consommation (-14.296MDH), de biens d’équipement (-13.137MDH), de produits énergétiques (-12.041MDH), de demi-produits (-8.799MDH) et de produits bruts (-2.069MDH) », a-t-il expliqué relevant, en revanche, un accroissement des achats de produits alimentaires de 6.695MDH. Dans son bulletin sur les indicateurs des échanges extérieurs des six premiers mois de l’année, l’Office a également indiqué que « l’allègement de 31,4% de la facture énergétique (26.345MDH à fin juin 2020 contre 38.386MDH à fin juin 2019) est dû principalement à la baisse des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils (-7.106MDH) ». D’après la même source, cette variation est attribuée à l’effet prix en baisse de 28,3% (4.105 DH/T à fin juin 2020 contre 5.724 DH/T un an auparavant), alors qu’en parallèle, les quantités importées se sont élevées à 2.926mT contre 3.340mT, soit -12,4%. Quant aux importations de produits alimentaires, il ressort des données recueillies par l’Office qu’elles ont atteint 31.574MDH à fin juin 2020 contre 24.879MDH une année auparavant, en raison de la hausse des achats du blé (+2.620MDH) et ceux de l’orge (+1.433MDH). Commentant la baisse des exportations de 27.231MDH (121.304MDH contre 148.535MDH un an auparavant), les analystes de l’Office ont expliqué ce recul par la diminution des ventes de la quasi-totalité des secteurs. (Liberation)
Mots clés: Maroc, Exportations, Importations
